Dans mes échanges avec des professionnels, j’ai régulièrement entendu ceci :
« Je ne fais pas aiguiser mes lames,
C’est plus simple de les remplacer »
Malheureusement, beaucoup expliquent ce choix par de précédentes expériences décevantes, ce qui peut arriver. Ceci dit, il y a de nombreux avantages à faire aiguiser ses lames plutôt que de les remplacer.
La raison économique
C’est probablement la plus évidente, mais ça ne fait pas de mal de l’évoquer.
De manière générale, il est beaucoup moins coûteux de faire aiguiser une flotte d’outils que de la remplacer, principalement pour les PME et les autoentrepreneurs. Si les firmes de grande envergure peuvent bénéficier de prix de gros, ça n’est pas le cas des plus modestes.
Il est important de rappeler qu’un outil peut être ré-aiguisé au strict minimum 20 fois avant d’être changé. Et selon les types de lame, c’est généralement bien plus.
La raison écologique
Certes, il est souvent complexe de concilier productivité et écologie, mais chaque geste compte. Pour aiguiser une lame, on la fait transiter par un atelier, qui s’en occupe et la retourne.
Pour renouveler une flotte d’outils, il faut passer commande à un fournisseur, qui va se faire livrer par un grossiste, qui achète auprès d’un distributeur, qui lui-même est en lien avec un assembleur, qui généralement récupère ses pièces chez un fabricant, qui lui-même récupère ses matières premières… Bref, à chaque étape, du transport, de l’électricité, de la marge.
L’impact écologique n’est clairement pas le même, et l’impact humain non-plus.
La personnalisation
En étant directement en lien avec l’aiguiseur, le professionnel peut formuler des demandes spécifiques (largeur et hauteur d’angle du tranchant, degré d’aiguisage, contraintes techniques spécifiques…)
De fait, le résultat est au plus près des besoins du propriétaire des outils.
Le tranchant dit « d’usine », c’est-à-dire celui que l’on observe en sortie d’emballage de l’outil, est généralement de qualité moyenne. S’il est efficace dans les premiers jours, il s’émousse rapidement. L’angle de coupe est souvent trop obtus pour être au maximum performant, et l’aiguisage est grossier. Ceci s’explique par le fait que cet aiguisage primaire est souvent réalisé par des machines, et pas par la main humaine.
L’aiguisage est un savoir-faire à valoriser au niveau local.
